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MON FILS

La lune veille
et l’enfant sommeille
Sa tête sort de la couverture
comme une fleur qui sourit à la vie.
Son souffle est comme une mélodie nocturne
Sa bouche comme un bouton de rose.
Mon fils endormi
et moi debout dans le grand silence.
O corps qui fut mien!
O chair de ma chair!
Ma gloire d’être mère éclate,
jaillit de la source de mon cœur
comme des myriades d’étoiles
sabrant le ciel.
Il y a longtemps
tu voguais dans mon ventre
comme un voilier sur une mer calme.
En te faisant naître,
je me suis donné la vie.
Fatoumata Sidibé

  • Traduit en anglais dans « A Rain of Words : A bilingual Anthology of Women’s Poetry in Francophone Africa [Une pluie de  mots: Anthologie bilingue de la poésie des femmes en  Afrique francophone]« , publié par les Presses  Universitaires de Virginie – 2009.  Edited by Irène Assiba d’Almeida. Translated by Janis A. Mayes. A Rain of Words
  • Publié dans « Palabre, femmes africaines en poésie », Revue d’Etudes Africaines, textes réunis et présentés par Irène Assiba D’Almeida – Volume spécial, – (University Arizona) 2001.
  • Référencé dans « L’Enfant au cÅ“ur des stratégies d’écritures des poétesses africaines », par Irène Assiba D’Almeida, University of Nottingham.
 1er décembre – Journée mondiale de lutte contre le Sida : « light for rights »
Un poème dédié aux personnes séropositives BAS LE MASQUE !
 J’ai vécu  dans l’obscurité d’une nuit sans étoiles
Dans la solitude atroce au milieu des foules
De crainte du  jugement, je me suis murée dans la dépression
Repliée sur  un mal qui a plombé mon horizon
Derrière un masque de clandestinité
Dissimulant une vie de précarité D’une mort assurée, je survis par le génie de la science
Ma  vie entrecoupée de lentes convalescences
De silences, de mensonges, d’incertitudes
Porte le sceau de l’exil, de la «sérosolitude»
De peur de la stigmatisation et de l’exclusion
Je me suis murée dans la dépression

 Avec le temps, la maladie se heurte à l’indifférence
Les campagnes se sont essoufflées, en silence
La discrimination sévit, en dépit des loi
Les victimes plurielles aux abois
Se battent pour vivre debout, dignement
Et  crient que le sida se féminise inexorablement

 J’ai  parcouru maintes fois en errance
Des paysages marqués du sceau de la souffrance
Marginalisée, discriminée, minorisée, fragilisée,
Aujourd’hui, je veux tomber le masque figé
Je veux qu’il parle de mes aspirations
Qu’il soit le messager de mes revendications

 Sans ce masque qui me rend invisible
Je veux  des mots sur ma douleur indicible
Je veux clamer mon refus de plier sous le poids de la honte
Je veux  chanter l’espoir qui me hante
Vous  inviter à être solidaires de mon combat pour la dignité
Un projet de vie, une visibilité, une représentativité

 Je  clame !  Je ne suis pas  immunisée contre l’indifférence
Je suis compétente, malgré mes déficiences
Je revendique une vie professionnelle qui me mette sur les rail
Un aménagement de mon  temps de travail
Un  emploi dans les structures en charge du VIH
Un financement de nos associations de lutte contre le VIH

 Je revendique une permanence des campagnes de prévention
Un accès aux  traitements pour tous, sans exclusion
Une implication des séropositifs dans l’élaboration des stratégies
Une solidarité avec compassion mais sans pitié
Au nom de mes parents, enfants, amis, connaissances
Je  lance un appel au respect et à la tolérance !

 Fatoumata Fathy SIDIBE
Octobre 2010
 
 
 

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