Les discriminations à l’embauche et la diversité au sein de la fonction publique bruxelloise.

PRB

Les discriminations à l’embauche et la diversité au sein de la fonction publique bruxelloise.
Interpellation de Fatoumata Sidibé à M. Bruno de Lille, secrétaire d'état à la région de Bruxelles-capitale, chargé de la mobilité, de la fonction publique, de l'égalité des chances et de la simplification administrative,

- Le lundi 4 novembre 2013. La  réponse sont disponibles ici page 29 à 33.

En matière de discrimination à l’emploi, la Belgique est mauvaise élève. Ce n’est pas un scoop.
Normalement, les critères permettant d’accéder à un entretien à l’embauche devraient relever uniquement des qualifications et compétences. Or, nous savons que le sexe, le handicap, l’orientation sexuelle, l’âge, l’origine nationale ou ethnique sont des critères qui influencent certains employeurs au moment de sélectionner le candidat.


Un rapport d’Eurostat concernant une étude de 2011 sur les migrants en Europe pointait le fait que :
-  La Belgique se situe en tête du peloton en matière de discriminations et d’inégalités liées aux salaires et aux risques d’exclusion sociale.
-  Le risque pour un immigré de passer sous le seuil de pauvreté est 22% plus élevé que pour les Belges de souche.

Un premier monitoring socio-économique vient d’être élaboré par le SPF Emploi et le Centre pour l’Égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR).
Il confirme qu’il existe encore une certaine discrimination à l’emploi en Belgique et la faible participation au marché du travail belge pour une personne d’origine étrangère en comparaison aux autres États membres de l’UE.
Ce rapport confirme notamment l’hypothèse selon laquelle des groupes de la population sont confrontés à des obstacles structurels propres au marché et à des discriminations directes ou indirectes.

Il est également question dans ce rapport d’une sur ou sous-représentation systémique de certaines catégories de travailleurs d’origine étrangère dans différents secteurs. Par ailleurs, le monitoring démontre que pour ces catégories, il y a des risques accrus de chômage, une répartition inégale des statuts, des niveaux de salaires et des régimes de travail.

En Belgique, nous avons un certain nombre d’instruments législatifs qui ont été adoptés. Des outils ont été mis en place en vue d’accroître la diversité sur le marché de l’emploi, il y a une volonté politique affichée à tous les niveaux de pouvoir et cependant, force est de constater que les résultats obtenus restent peu convaincants.

Le travail est un facteur essentiel pour l’émancipation, l’insertion sociale et pour la participation à la vie de la cité. On ne peut pas accepter que certains citoyens ne croient plus à une société qui ne leur donne pas les chances de s’insérer dignement et durablement dans la société.

Nous connaissons tous des super diplômés dont bon nombre exercent des métiers précaires en de ça de leurs qualifications. A côté de cela, chaque année, des milliers de jeunes sortent de l’enseignement sans qualification, sans diplôme, sans réelle possibilité de s’ancrer dans notre société. C’est aussi cela, le mal-être bruxellois.
Si au bout du compte on ne donne pas à ces jeunes, la possibilité de s’insérer mais aussi de se promotionner au cœur même de notre société, le risque d’une déflagration sociale est possible.
L’enjeu est important au niveau de l’économie mais aussi de la cohésion sociale. Sur le terrain, ces jeunes expriment une revendication et une frustration par rapport à l’accès à l’emploi et à la pleine participation à la vie économique et sociale.
Il faut espérer qu’avec ce monitoring, les bases soient posées pour une évaluation annuelle de la situation des travailleurs d’origine étrangère sur le marché du travail.
À terme, le monitoring socio-économique doit permettre de mesurer l’impact de la politique du marché du travail sur les personnes d’origines différentes actives en Belgique et aider les politiques qui luttent contre la discrimination et favorisent l’insertion".
Dès lors, le Centre a établi une série de recommandations telles que le renforcement de politiques en matière de diversité par les acteurs du Fédéral, des Communautés et des Régions, mais également l’adoption d’un arrêté royal permettant la mise en place d’actions positives.

Par conséquent, Monsieur le Ministre pourrait-il répondre aux questions suivantes :
-  A-t-il déjà pris connaissance de ce rapport ? Comment tient-il compte des recommandations du Centre ?
-  Qu’en est-il de la diversité au sein de la fonction publique bruxelloise ? Diverses mesures ont été adoptées à cet égard, notamment l’ordonnance visant à promouvoir la diversité et à lutter contre les discriminations au sein de la fonction publique bruxelloise qui est entrée en vigueur en septembre 2008. Cette législation prévoit notamment un cadre réglementaire quant à la mise en œuvre de plan de diversité au sein de la fonction publique régionale bruxelloise. Dès lors, qu’en est-il de la mise en œuvre de ces arrêtés ?

Eu égard au développement démographique et au caractère multiculturel de la population bruxelloise, il est normal que cette diversité et cette mixité se soient traduites dans le monde du travail et à tous les niveaux de responsabilités. Les pouvoirs publics doivent montrer l’exemple avant de pointer du doigt les employeurs du secteur privé.